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samedi 12 septembre 2026

Bouts du monde

Chapitre 2 du projet "bouts du monde"... Ou comment marcher pour s'arrêter... 

Voici mon regard :

Dans nos vies où tout s'enchaîne tout le temps, où marcher pour le plaisir est un luxe, en soi, prendre le temps d'observer le monde qui nous entoure et d'écouter la nature qui nous accueille est le minimum. On enchaine les pas, chaque virage ouvre le regard vers un nouvel horizon que je ne peux m'empêcher de capturer sur une photo. C'est un paysage, une fleur, un animal ou quelque fois simplement une sensation que l'on essaye de capturer pour la partager, mais comment représenter l'immensité et la sensation d'être tout petit, comment représenter le bien être malgré l'effort...

Au retour, lors des tris et des choix, il y a une évidence, les chemins sont présents sur beaucoup de clichés et seront donc, dans l'exposition de ce nouveau chapitre.

Ces cheminements sont également intérieurs. Je dirais que les marches en randonnée, permettent de s'écouter pour mieux revenir affronter le quotidien. 

Le regard de Jean-Marc :

Pendant longtemps, j'ai marché sans vouloir me retourner, sans vouloir m'arrêter, à briser mes pas sur des cailloux ruinés.

Les os des chevilles parfois à vif pour atteindre quels objectifs ?

La fin du chemin, nous le connaissons tous, alors pourquoi accélérer encore. Mais il m'a fallu du temps pour apprendre à ne plus courir et à accueillir l'instant présent, seule éternité existentielle. 

Prendre le temps, refuser l'immédiat, attendre patiemment que la pâte lève avant d'apprécier la transformation car tout change et tout finit par disparaitre aussi pour renaître différemment.

Apprécier un temps non immédiat, une gageure dans notre société de compétition où la rapidité du résultat est principale valeur.

Alors marcher pour s'arrêter devient pour ce deuxième volet de nos "Bouts du Monde", un hymne à la vie, à l'amour retrouvé et nos mains qui ne se lâchent plus et s'aventurent encore un peu plus loin pour lâcher-prise.

Une impression de lumière différente, les contrastes entre les plages d'ombre et les plus claires et à certains endroits l'écriture de lumière qui commence à s'effacer.

Je peux dire que ces idées m'obsèdent, elles construisent les lignes directrices, le cadre de mes photographies au moment du déclenchement mécanique, la photographie est déjà présente dans ce que j'imagine, de façon plus instinctive maintenant, du moins je n'en ai pas conscience entièrement, mes doigts cheminent sur mon boîtier fétiche et j'essaie de le plier dans tous les sens à l'image de mon esprit. Il faut ensuite du temps pour révéler au sens propre cette image latente inscrite sur la pellicule et dans les paysages encore embrumés de mon esprit.

Et je suis toujours émerveillé lorsque ces deux images se reconnaissent, elles deviennent miennes dans la lumière rouge du laboratoire et je les aime je crois, naïvement je les aime sans savoir pourquoi.

Un photographe selon elle, il s'agit ici d'Agnès Varda :"a intérêt à savoir développer lui-même et tirer lui-même". Une façon de conserver aussi la dimension artisanale du métier.

Varda choisit la profession de photographe en 1948, estimant que cette technique est au croisement de "l'artisanat, l'art, la création et le document". Elle y voit aussi "une forme d'artisanat où l'intellectuel primait le manuel sans l'exclure".

Dans : "Avant la rue Daguerre" , Le Paris d'Agnès Varda, de-ci, de-là.

Musée Carnavalet - Histoire de Paris


Comment nous travaillons chaque projet?

Nous prenons les photos sans nous concerter, au fur et à mesure que l'on avance dans nos explorations, en fonction de nos sensations et de l'inspiration,
Pour les choix des photos que nous sélectionnons pour représenter le chapitre du projet, c'est de long échanges sur les clichés obtenus afin de trouver les correspondances, 
On choisit ensuite comment le présenter, quel support nous semble le plus adapté, 
Puis chacun écrit de son côté, un texte sur le pourquoi du chapitre... afin de pouvoir passer au suivant.

Et vient le temps de préparer l'exposition... 

Celle ci a été principalement réalisé par Jean-Marc...

"Comment présenter nos photos ? D'abord il faut faire un choix, correspondances noir et blanc et les photos numériques couleur d'Angélique. 

Des évidences, des coups de cœur aussi, nos regards se croisent, se complètent et une ligne directrice semble nous guider, lignes de fuite sur nos chemins du Bout du Monde, vertiges des paysages du haut Vercors qui s'ouvrent devant nous, perdus dans l'immensité puis soudain suspendus, accrochés au bord des précipices, les lapiaz inclinés à en perdre presque l'équilibre.

J'imprime les couleurs, je tire sur papier fibre les négatifs choisis sur mes planches contacts, Angélique veut les garder, la magie opère...

Quel format choisir ? plusieurs essais et très vite, s'impose à nous de ne pas recadrer nos photos ou le moins possible, ce sera 15 x 24 pour les horizontales (cela permet d'avoir le négatif complet sans recadrage) et 18 x 24 pour les verticales. Pour les cadres, des sous-verres de format unique, 24 x 30...

Et évidemment comme les photos n'ont pas un format standard, excepté pour les 18 x 24, j'ai fait les passe-vues manquants manuellement. Oui oui avec un peu d'entraînement, on y arrive assez bien !

Il ne reste plus qu'à réfléchir à l'accrochage, séries, carrés, cadres verticaux pour mettre en valeur nos photos et nos correspondances et préparer les fils pour les cimaises. Notre atelier, à la fois studio et loisirs créatifs, redevient pour un temps notre lieu d'exposition !"

À tout vite.

A& JM 

mardi 14 juillet 2026

Nouveau chapitre - Nouvelles explorations

 Bout du monde - Chapitre 2... 

Pour introduire le nouveau chapitre sur le projet du "bout du monde" je continue en expliquant la démarche sur la recherche de ce lieu dont les activités suivantes font partie intégrante du projet:  

  • La marche qui permet entre autre de se reconnecter au monde, plus particulièrement pour ma part en pleine nature, elle me porte dans l'observation et l'exploration du monde; mais encore faut-il être capable de marcher pour s'arrêter... prendre le temps, écouter, regarder et essayer de comprendre la nature qui nous entoure.
  • L'écriture permettant de mettre des mots sur nos cheminements intérieurs et partager nos réflexions à travers le blog; il nous permet également de vous transmettre nos coups de cœur et essais créatifs.
  • La photographie qui fige le temps tel une empreinte de celui-ci, pour révéler un instant, partager une émotion, un moment, les saisons sont un des marqueurs du temps qui passe.

En fonction du regard de chaque personne (photographe et / ou contemplateur), le ressenti sera totalement différent puisque le cheminement intérieur de chacun est différent. 

Jean-Marc et moi même, avons décidé de croiser nos regards au travers de nos essais.









Numérique et cyanotype m'attirent et se complètent, dans un certain sens. 

Mes essais photographiques sont axés principalement autour de : 

  • L'observation : en essayant de saisir des instants fugaces, en révélant la beauté de la simplicité et la fragilité de la vie. 
  • L'exploration : par la découverte de lieux et de procédés créatifs autour de la nature, de coups de cœur et passions créatives.
  • La transmission : à travers nos regards photographiques pour capter les infimes détails du monde et des émotions à différents moments au travers d'une lumière, d'une ombre, d'un détail rappellant le côté éphémère des instants. 


Pour Jean-Marc : "J'essaie toujours dans mes randonnées photographiques de garder un œil et une place pour mes appareils argentiques.

Pas de façon exclusive mais quand même, comme une obsession à écrire la lumière dans un temps lent, chaque cliché en devient alors plus précieux. Je prends le temps de cadrer en recherchant les formes qui apparaîtraient dans le contraste des ombres et des fortes lumières, je prends le temps d'oublier aussi et de découvrir les photographies au moment du développement de la pellicule.

Je ressens le besoin d'inscrire dans ce processus de création, une relation physique, celle de l'effort pendant la marche qui précède celle du relâchement, de la pause qui peut devenir pose et qui devient contemplation au moment du déclenchement mécanique.

Il y a aussi dans les procédés de la photographie argentique, un artisanat qui se peaufine avec les gestes de la main quand ils deviennent plus précis à bon escient guidés par l'apprentissage et la connaissance des chimies et de leurs révélations physiques. Encore une autre dimension de cette relation physique que je recherche..."


Par jeu, nous avons déjà réalisé le chapitre 1 nous démarrons la suite avec le chapitre 2.

Prêt à suivre ce nouveau projet ?


"Il n'y a pas plus belle démonstration de notre amour que de vouloir faire partager à l'autre, des lieux que l'on a aimés et de les redécouvrir ensemble, de se les faire "inspirer" comme on inspire le vent frais et odorant des montagnes. Alors ces chemins vers nos "bouts du monde" qui n'en finissent pas, nous inspirent encore une nouvelle fois. 

Il y a la force des lignes et des plages presque noires, ces grains argentiques pourraient prendre sens en écrivant l'immensité des montagnes, oui c'est cela, la photographie sera réussie si je ressens cette immensité des paysages dans le vallon de Combeau, l'effroi devant les falaises à-pic qui semblent basculer sous nos pieds, l'émotion d'un chemin blanc tracé dans le lapiaz et qui serpente et s'enfuit déjà derrière d'autres sommets et le mystère des tâches sombres des sapins agrippés sur les pentes raides.

Si la lumière inscrit ses traces sur la pellicule, il arrive parfois aussi, qu'elle les fasse disparaitre.

Côté éphémère de l'image rêvée qui devient altérée à son tour comme le sont les paysages altérés par l'effet de l'érosion. Ici l'érosion est sans doute un petit rai de lumière passant à travers le boîtier de mon appareil, un défaut d'étanchéité qu'il faudra que je fasse vérifier... Et oui c'est cela aussi le fait de travailler avec des appareils déjà anciens, cela vous oblige à accepter une certaine imperfection. 

Et peut-être à en jouer, moi, je trouve cela plutôt poétique et unique, le temps s'est inscrit sur la pellicule et je pourrai maintenant le dater ! N'est-ce pas une autre façon de donner à voir la réalité fragile du monde ?"

Tout se rejoint !


Comme le dit Van Gogh : « Si vous aimez vraiment la nature, vous trouverez la beauté partout ». 













Les correspondances photos sont choisies, vous les avez découvertes dans cet article ... il nous faut maintenant les tirer... et préparer les supports que nous vous présenterons dans un futur article.

À tout vite !

A&JM



dimanche 15 février 2026

Etang de Canet-en-Roussillon

Au départ rien ne laissait prévoir la découverte de ce lieu magique, hors du temps qui donne un peu l'impression d'être au bout du monde...

Lieu accessible où vous pouvez vous balader, rêver ou tout simplement vous poser.

Comment nous y sommes arrivés? A l'origine nous partions de Perpignan et nous devions aller marcher en bord de mer à St Cyprien mais l'itinéraire routier nous mène sur une route avec d’un côté la mer et de l’autre l’étang; la lumière est belle, le Mont Canigou enneigé et l'endroit insolite. Un bout du monde c'est une ambiance qui émane d'un lieu et génère en nous une émotion si forte que notre âme reste troublée. Parfois, c'est juste une histoire subtile de lumières et d'ombres qui subliment un lieu et le rendent magique, une aubaine pour les photographes que nous sommes. 


Propriété du Conservatoire du Littoral classée Natura 2000, cette lagune dans laquelle se reflète la silhouette du Canigou est un lieu d’observation unique, magique.

Demi tour au prochain giratoire pour rejoindre le parking le long de la route et prendre le temps de découvrir un peu cet endroit.

Pour protéger ce site unique, des mesures doivent être respectées par les promeneurs : rester sur le sentier pour respecter la flore, éviter de cueillir les végétaux présents sur le site et être discret en observant les oiseaux.

À découvrir sur place , le village de pêcheurs

Bien visibles sur le bord de l’étang de Canet, les 10 cabanes en bois, cannes de Provence et sanils forment “le village de pêcheurs”.

Réhabilitées en 1993 et fréquemment restaurées, les cabanes des pêcheurs sont isolées contre la pluie, le vent et les chaleurs de l’été.

Elles ne sont plus utilisées comme lieu d’habitation par les pêcheurs mais principalement comme lieu de stockage de matériels de pêche. Le site fait encore vivre une poignée de pêcheurs qui attrapent notamment de l’anguille et des loups de mer. 

Depuis 5 ans, le crabe bleu a fait son apparition perturbant l’écosystème de la lagune. Les pêcheurs essayent de réduire sa concentration sur l’étang en le pêchant massivement.

Maintenant place aux photos, avec nos 2 regards ... Couleurs et numérique pour moi, noir et blanc et argentique pour Jean-Marc









A&JM

samedi 31 janvier 2026

Leporello

Livre frise ... Objet d'art … mais pas que …

C'est avec beaucoup de retard que je vais vous présenter nos dix premiers livres accordéon ou plutôt devrais je dire nos Leporello sur le thème du bout du monde.

Le leporello, appelé livre accordéon ou livre frise fait partie de la famille des LIVRES, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un support papier organisé en pages utilisé en tant que livre objet d’art.

LE VRAI LEPORELLO EST UNE PIECE UNIQUE, une création artistique, un travail manuel, pas un objet manufacturé. Il est composé d'une longue feuille pliée en accordéon qui se déploie pour afficher toutes ses pages en ribambelle. D'autres montages sont possibles : les pages peuvent être indépendantes puis reliées entre elles par des rubans, des anneaux, etc. Mais à la fin, quel que soit le montage, l’objet doit se déplier.

Son nom vient de Leporello, le valet de Don Juan dans l'Opéra de Mozart qui déplie sur scène un long papier en accordéon avec la liste des conquêtes féminines de son maître.

Aujourd'hui, le leporello est, avec les pop-ups et les livres d'artistes, une des techniques favorites pour la réalisation de livres objet.

Originellement, le leporello fermé ressemble à un livre. Mais il peut aussi être plié en triangle ou en toutes autres formes possibles. Le leporello peut être vierge (pourquoi pas…) mais il est généralement ornés de dessins, de photos, de textes, de collages, de découpages, de broderies, d’ajouts de choses diverses. Tout ce que l’on peut faire subir au papier est de mise. C’est une occasion d’utiliser de très beaux papiers ou du papier de récupération (fabriquer les feuilles à une taille voulue avec du papier de vieux livres, par exemple.) Il n’y a pas de format obligatoire, ni en hauteur ni en longueur, le leporello peut être minuscule ou gigantesque, le nombre de plis n’est pas limité.

Le leporello fermé se doit d’avoir une couverture (protectrice), et (souvent) une fermeture (ruban, cordon, ficelle…), à la hauteur du contenu; il peut aussi être présenté dans une boîte. Livre objet et objet d’art, il se collectionne. Plus modestement fait à la maison, il reste une bonne idée de cadeau personnalisé. Il peut se métamorphoser en album photos, journal, herbier… ou comme nous, pour présenter notre quête du bout du monde!

Je ne vais pas vous présenter chaque "leporello" que nous avons réalisé mais tout est fait main, photos, tirages des photos avec pleins de techniques photographiques, montages des livres...










A&JM

samedi 27 décembre 2025

Tissage de photos

Décoration extérieure d'une boîte par le tissage de photos

Cette boîte contient les dix petits livres accordéon du premier chapitre du bout du monde. Tout naturellement il était évident que la décoration de celle ci soit sur le thème de l'effacement ...

Pour décorer le couvercle j'ai choisi 2 photos, une représentant le site de Saint Martin du Canigou et l'autre sur le chemin des gorges de Saint Pierre . 

Pour être dans le thème de l'effacement j'ai décidé de tisser les deux photos ensemble et je trouve que les deux clichés " s'emboîtent" bien!

Alors quelques calculs plus tard, mes photos ont des entailles permettant ainsi aux photographies d'être tissées ensemble...

tissage de photos

La technique du tissage de papier mérite d'être exploitée encore un peu plus pour d'autres sujets ! A suivre encore une fois !

Pour rappel, le tissage de papier est une activité proposée souvent aux jeunes enfants. Les bases sont simples: il suffit d’entrelacer des bandes de papier. Vous pouvez le faire avec une feuille prédécoupée de fentes ou d’autres bandes de papier type photographie, cyanotype...

Technique simple ou plus améliorée et complexe en fonction de l'objectif notamment en variant la taille des bandes, des fentes et leur orientation.

Le matériel de base nécessaire est simple:

Deux feuilles de papier différentes par le motif, la couleur ou la texture, des ciseaux ou un cutter, un crayon à papier, une règle et de la colle.

À vous de jouer.

l'intérieur de la boite avec les ouvrages

Angie